Le Caire - Louxor: la route des oasis

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Egypte - Assouan
de David, le 03-02-2007

Le Caire - Louxor: la route des oasis

Mon séjour au Caire restera avant tout une étape obligée pour remplir une multitude de tâches d’ordre administratif allant de la prolongation de séjour, demandes de visas ou autres démarches, par exemple le remplacement de chèques de voyage volés à l’hôtel. Malheureusement, Il y avait également de l’argent liquide qui lui sera perdu à jamais. C’est un risque que l’on court quand on séjourne dans des hôtels à moins de cinq francs la nuitée en chambre commune...

Mon appétit de découvrir la ville s’étant un peu amoindri après ces précédents épisodes, c’est en direction du désert que je vais chercher le calme et la tranquillité, aux antipodes de ce qu'offre la capitale égyptienne. C'est avec deux compagnons de route que je me jette à l’eau dans cette mer de sable. Thomas et Michael ( www.tour-en-blog.de ) voyagent à vélo couché, nous partageons le même itinéraire et avons donc décidé de donner quelques coups de pédales côte à côte.

La décision de faire un détour de cinq cent kilomètres par le désert Libyque ne m’a, dans un premier temps, pas enchanté. Ca me laissait une amertume quant à mon souhait de remonter la vallée du Nil. Par la suite, il s’est avéré que ce fut un choix judicieux et j’en remercie mes compagnons de chemin pour leurs précieux conseils. Cette route me convenait beaucoup mieux.

C’est des vivres plein les sacoches et chargé en eau que je m’engage sur cette voie qui se perd dans l’immensité du désert. Mil cinq cent kilomètres me séparent de Louxor pour rejoindre la vallée fertile. Mais, même si le désert peut paraître monotone, il est riche en surprises et possède une force qui inspire le respect à l’instar des grandes montagnes. Quand on l’observe de plus près on y découvre toute une petite vie, à deux reprises un renard vient même me souhaiter bonne nuit. La progression est facilitée grâce à l’aide d’Eole et une température moyenne agréable pour un désert. Cependant, il n’est pas rare qu’au petit matin des cristaux de gelé font leur apparition dans nos gourdes. Dormir dans le désert à la belle étoile, loin de toute pollution lumineuse et atmosphérique ouvre le rideau sur un décor de toute beauté. C’est en comptant les étoiles et non les moutons que je m’envole chaque soir au royaume des songes.

La route du désert est aussi celle des oasis, j’en rencontre quatre sur mon passage. Elle sont toujours bienvenues, paraissent souvent irréelles après tout ces kilomètres dans l’aridité absolue. Pour moi l’occasion de refaire le plein en toutes sortes et de renouer avec la civilisation. Certaines de ces oasis sont un avant-goût de paradis, je passe quelques jours dans l’une d’entre elles et déjà une nostalgie m’habite au moment de la quitter. La paisibilité des lieux, le rythme de vie des gens, tout cela donne envie de s’y attarder pour mieux s’en imprégner. Une visite écotouristique dans une ferme m’est spontanément offerte pour mon plus grand bonheur.

Louxor - Assouan: la vallée du Nil ou un don des dieux

Louxor est célèbre pour ces vestiges de l’antique civilisation égyptienne. L’état de conservation des temples, leur surdimensionnement me fascinent et me laissent admiratif, impressionné. Fatalement, dès le retour en ville c’est le parcours du combattant pour se dépatouiller des racoleurs qui sévissent sans relâche sur les troupeaux de touristes lâchés dans les environs. La route des oasis m’avait isolé pour un moment de cette réalité.

La remontée sur la côte ouest du Nil jusqu’à Assouan se fait tranquillement dans les meilleures conditions. Cette tranquillité peut parfois être brisée par la traversée d’une ville. Etant nettement moins fréquentée que la rive est, la venue de trois "cyclobaroudeurs" ne passe pas inaperçue et quand nous quittons la ville c’est une horde d’enfants qui nous poursuivent dans un vacarme et une excitation extraordinaires au travers des ruelles au sol en terre défoncé. A la tombée de la nuit, avant d’aller bivouaquer dans les plantations de cannes à sucre, un spectacle apocalyptique se joue dans la pénombre devant moi: le long d’un canal des feux sont allumés et des gens habillés très simplement hurlent et me font de grands gestes comme si j’étais le messie et que je venais les délivrer...

Il n’y a pas trente six moyens autorisés de se rendre au Soudan depuis l’Egypte, il n’y en a qu’un: le bateau. J’embarque donc lundi sur le bateau hebdomadaire qui remonte le lac Nasser jusqu’au plus grand pays d’Afrique, good bye Egypte et que l’aventure continue, inch'allah!

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