Depuis Tirana d’où je vous avais laissés, j’ai renfourché Bouquette pour la route montagneuse qui mène à la Macédoine. Ma traversée de l’Albanie c’est bien passée et mes contacts avec la population locale resteront en grande partie positifs. De plus j’ai pu bénéficié d’une météo optimale.
Mon court passage en Macédoine me laissera l’image d’un pays montagneux aux très beaux paysages, avec des gens plus calmes que leurs voisins Albanais excités du klaxon.
Mes connaissances de la langue allemande me permettent d’échanger plus qu’un "Bonjour-merci-au revoir" avec les locaux, ce que j’apprécie particulièrement. Il faut noter que bon nombre de personnes des pays de l’Est et des Balkans possèdent des bases d’allemand, ce qui fut une bonne surprise pour moi.
Mes premiers contacts avec les Grecs se sont faits on ne peut mieux avec une invitation à manger. J’avais été averti par les Macédoniens de la rudesse du peuple Grec, mais je dois dire qu’avec moi le courant est bien passé, voir mieux qu’avec les pays d’ex-Yougoslavie que j’ai traversés. J'ai poursuivi en direction de Thessalonique où j’ai fait la connaissance de trois français vélo-nomades tout comme moi. Eux continuent directement sur la Turquie, moi je me fais un petit détour pour aller voir les monastères de la presqu'île de Agios Oros. Je me suis retrouvé bredouille devant la frontière qui marque l'entrée de ces lieux. Un visa que j’aurais dû régler avec une anticipation de plusieurs semaines m’aurait permis de pénétrer pour quelques jours dans ces terres réservées uniquement aux hommes. C’est le risque de voyager sans guide. Sans trop de regret tout de même car le chemin m’avait réservé quelques bonnes rencontres et surtout, lors de ma continuation vers la Turquie, je recroise les 3 Français que j’avais rencontrés quelques jours auparavant. Nous poursuivrons plus ou moins tous ensemble jusqu’à Istanbul. C’était pour moi la première fois depuis mon départ que je faisais route commune, cette expérience fut très enrichissante et nous avons pu échanger de belles choses. Les derniers 300 km pour Istanbul
n’ont pas été les plus gâtés par la météo, vent froid de face et pluies intermittentes ont fait notre quotidien; mais à plusieurs on est plus forts!
Je me suis accordé une semaine de sédentaire à Istanbul. Au début avec mon coéquipier Sébastien à l’accent délicieux du sud-ouest (avec qui j’ai fait mon entrée dans Istanbul à vélo, expérience intense mais moyennement recommandable) puis avec Melissa, amie de Zurich, qui est venue me trouver pour un week-end prolongé. Quels luxe et chance de se retrouver dans tant de confort, je l’ai apprécié comme jamais, spécialement le buffet du petit déjeûner qui se souviendra de mon passage…
Istanbul est une ville de 12-15 millions d’habitants, une semaine n’est rien de trop pour en découvrir quelques aspect, avec sa partie occidentale et orientale, le Bosphore… je m’y plais bien et ce malgré le raccolage incessant des vendeurs de toutes sortes qui nous arnaquent à longueur de journée.
Je vais reprendre ma route demain en quittant Istanbul par la mer de Marmara de manière à éviter la circulation intense des périphéries puis je vais prendre un cap sud-est direction la Syrie.